Dire « non » aux OGM : 4 bonnes raisons d’écarter les organismes génétiquement modifiés de votre cuisine et de votre jardin

Dans les rayons des supermarchés à travers tout le pays, les entreprises de biotechnologie testent l’acceptation par les consommateurs de nouveaux légumes, fruits et même semences de jardin issus du génie génétique (également appelés « génétiquement modifiés » ou « OGM »). Nos amis du Réseau canadien d’action sur les biotechnologies (RCAB) nous ont aidés à rassembler quelques raisons pour lesquelles vous pourriez ne pas vouloir de produits OGM dans votre caddie ou dans votre jardin.

Les membres de l’équipe COG ont repéré la tomate violette génétiquement modifiée « Empress » en vente dans les rayons des magasins — le tout dernier exemple de produit génétiquement modifié commercialisé au Canada.
1. Les aliments et les semences génétiquement modifiés mettent en péril la souveraineté alimentaire et semencière du Canada.

Les entreprises détentrices des séquences génétiques brevetées présentes dans les produits et semences génétiquement modifiés sont de plus en plus en mesure de monopoliser la production et l’accès aux semences. En créant des semences brevetées, ces entreprises peuvent instaurer un monopole sur l’accès aux semences, ce qui limiterait considérablement, voire éliminerait, la tradition de conservation des semences.

Vous vous demandez peut-être : « Mais comment ? » Par le biais de la pollinisation croisée par le vent, les insectes ou les petits animaux, ces gènes brevetés pourraient se retrouver dans les cultures des agriculteurs (et des jardiniers) canadiens à leur insu et sans leur consentement. De grandes entreprises de biotechnologie ont déjà poursuivi en justice des agriculteurs canadiens pour avoir cultivé des plantes contaminées par des gènes brevetés.

Les semences constituent le fondement de notre approvisionnement alimentaire. Le COG, ainsi que de nombreux agriculteurs à travers le pays, s’opposent fondamentalement à l’idée qu’une seule entité puisse exercer un tel contrôle sur notre système alimentaire. La souveraineté alimentaire et semencière – qui inclut le droit de cultiver et de produire sa propre nourriture et ses propres semences – devrait être accessible à tous. La nourriture et les semences ne devraient jamais faire l’objet d’un brevet.


2. Les aliments et les semences génétiquement modifiés constituent une menace pour les agriculteurs locaux et biologiques.

Les consommateurs nous expliquent que l’une des raisons pour lesquelles ils choisissent d’acheter des produits locaux et bio est de soutenir les agriculteurs de leur propre communauté. À leur tour, de nombreux agriculteurs choisissent d’obtenir la certification bio parce que c’est important pour leurs clients locaux.

La menace d’une contamination potentielle de leurs cultures par des organismes génétiquement modifiés (OGM) dérange de nombreux agriculteurs biologiques, et ce à juste titre : les normes biologiques canadiennes interdisent les OGM. Si des gènes issus de cultures génétiquement modifiées se retrouvaient dans les champs d’agriculteurs certifiés biologiques, cela risquerait de compromettre leur certification biologique et de nuire à la confiance des consommateurs dans le label « Canada Organic » qu’ils connaissent et auquel ils font confiance.

La présence de cultures génétiquement modifiées au Canada exerce une pression supplémentaire sur les agriculteurs biologiques : ceux-ci sont contraints de prendre des mesures coûteuses pour empêcher la pollinisation croisée entre les cultures OGM et les leurs, et doivent parfois prendre la décision de cesser complètement la culture de certaines variétés.


3. Nous n’avons pas besoin d’aliments ni de semences génétiquement modifiés.

Nous avons évoqué précédemment l’apparition d’une tomate violette génétiquement modifiée dans les rayons de certaines grandes chaînes de supermarchés canadiennes. Or, le génie génétique n’est pas nécessaire pour produire des tomates violettes. Il existe déjà de très nombreuses variétés de tomates violettes non OGM, cultivées par des agriculteurs partout dans le pays.

Les tomates génétiquement modifiées « Empress » ne sont pas étiquetées comme telles. Elles portent le petit logo « bioengineered » exigé par l’USDA, qui n’est pas familier aux Canadiens et qui risque d’être particulièrement ambigu et trompeur pour les Canadiens francophones – en français, le terme « bio » est souvent utilisé pour désigner le « biologique ».

Les entreprises de biotechnologie affirment que les consommateurs canadiens veulent davantage de produits génétiquement modifiés, mais l’absence d’étiquetage clair nous raconte une toute autre histoire. Si un produit génétiquement modifié n’apporte rien de nouveau et s’il n’est pas commercialisé de manière transparente en tant que produit génétiquement modifié afin que les consommateurs puissent choisir s’ils souhaitent (ou non) acheter des OGM, est-il alors possible que la seule raison de vendre des produits génétiquement modifiés soit de permettre aux entreprises de faire des profits ?


4. La commercialisation d’aliments et de semences génétiquement modifiés fait passer les profits des entreprises avant la santé humaine et celle du climat.

Bien que les entreprises aiment affirmer que les OGM sont sans danger, il n’existe aucun consensus scientifique sur la sécurité des OGM et, chaque culture ou aliment génétiquement modifié étant différent, aucune conclusion générale ne peut être tirée avec certitude en matière de sécurité.

Très peu de recherches indépendantes ont été menées sur la sécurité de la consommation d’aliments génétiquement modifiés et sur leur impact sur la santé humaine. Les études existantes soulèvent des inquiétudes quant au risque de réactions allergiques et à une éventuelle toxicité lorsque le génie génétique est introduit dans l’alimentation humaine.

Les plantes génétiquement modifiées sont parfois qualifiées de « pollution vivante » en raison de leur capacité à contaminer les populations de plantes indigènes apparentées par pollinisation croisée. Les conséquences imprévues ou négligées des gènes introduits dans les cultures OGM peuvent également avoir un impact négatif sur les organismes, les sols et l’eau.

La production de cultures OGM au Canada a également entraîné une forte augmentation de l’utilisation d’herbicides nocifs dans l’agriculture, et l’exposition aux pesticides est associée à des risques pour la santé humaine ainsi qu’à des risques pour nos écosystèmes naturels et la biodiversité.


Le genre de tomates savoureuses sans OGM que l’on peut se procurer auprès de véritables agriculteurs locaux, ou cultiver dans son propre potager !
Comment pouvez-vous agir pour protéger la souveraineté alimentaire et semencière du Canada face aux produits et semences génétiquement modifiés ?

Plusieurs fruits et légumes génétiquement modifiés pourraient bientôt faire leur apparition dans notre système alimentaire et notre approvisionnement en semences. Voici quelques mesures que vous pouvez prendre :