Du 10 au 13 février 2026, Katie Fettes, Directrice des politiques et de la recherche chez COG, a participé au BIOFACH, le plus grand salon et congrès mondial dédié à l’agriculture biologique, qui s’est tenu à Nuremberg, en Allemagne. Le BIOFACH, qui en est à sa 38e édition, rassemble plus de 30 000 participants issus du secteur biologique mondial.
Il était important pour Cultivons Biologique Canada (COG) d’être présent à BIOFACH afin de nouer des liens avec des partenaires par l’intermédiaire d’IFOAM Organics International, notre organisation faîtière mondiale pour l’agriculture biologique, d’approfondir les discussions avec des réseaux tels que l’INOFO (Intercontinental Network of Organic Farmer Organizations) et de contribuer aux discussions sur la gouvernance qui façonneront l’avenir du mouvement biologique.


Le thème du congrès était « Cultiver l’avenir : voix jeunes, vision audacieuse ». L’accent était mis sur le renouvellement générationnel et la transition du leadership dans les exploitations agricoles, les entreprises, les organisations et les gouvernements.
Katie a pris la parole lors de deux sessions :
Le 10 février, dans le cadre de la session intitulée « Towards an Organic Future: Passing the Torch », Katie a abordé le défi du renouvellement générationnel au Canada : 40 % des agriculteurs canadiens devraient prendre leur retraite d’ici le début des années 2030, et seuls 12 % d’entre eux déclarent avoir un plan de succession. Cela reflète les tendances mondiales dans le domaine de l’agriculture. Elle a mis en avant les solutions innovantes proposées par des organisations canadiennes telles que Young Agrarians, qui offre des services de mise en relation pour l’acquisition de terres, des programmes d’apprentissage et du mentorat commercial axés sur l’agriculture écologique.
Le 12 février, elle a participé à la conférence « Shaping the Future: Global and National Policies Empowering the Organic & Agroecological Transition », aux côtés d’intervenants d’Amérique du Nord, d’Amérique latine, d’Europe, d’Afrique et d’Asie. La discussion a porté sur la manière dont les cadres politiques peuvent favoriser la croissance biologique et agroécologique et avoir des effets positifs sur le développement économique rural, la sécurité et la souveraineté alimentaires, ainsi que la biodiversité et la résilience climatique.
Les pays où l’agriculture biologique est florissante, comme le Danemark (où elle représente plus de 12 % du marché), démontrent que la croissance nécessite une politique publique coordonnée, le développement du marché et la capacité du secteur. Le Canada possède certains éléments de ces trois éléments, mais il lui manque une approche coordonnée et cohérente pour saisir ses propres opportunités dans le domaine biologique. Les diapositives de la session du 12 février sont disponibles ici.
Un grand merci à Sahar Brahim pour l’organisation de la session « Shaping the Future » et à Julia Lernoud pour l’organisation de la session « Towards an Organic Future » 🙌

Lors de la cérémonie d’ouverture, Elisabeth Werner, directrice générale de l’agriculture et du développement rural à la Commission européenne, a confirmé que l’agriculture biologique resterait un pilier de la prochaine politique agricole commune (PAC) de l’UE, actuellement en cours de renégociation, car elle contribue à tous les domaines prioritaires clés de la PAC : compétitivité, durabilité et résilience.
Rajesh Agrawal, secrétaire indien au Commerce, a également pris la parole, soulignant la forte dynamique biologique en Inde, qui a été célébrée comme « Pays de l’année » à BIOFACH. Le développement biologique est spécifique au contexte et, en Inde, il constitue une solution pour les moyens de subsistance et l’indépendance des agriculteurs.
La résilience a été un thème central tout au long de la semaine. Les systèmes de production alimentaire moins dépendants des chaînes d’approvisionnement mondiales et davantage ancrés dans les ressources locales suscitent un intérêt croissant. L’agriculture biologique, qui réduit la dépendance aux intrants synthétiques et met l’accent sur la santé des sols et la préservation de la biodiversité, se positionne comme un modèle de production résilient face aux perturbations géopolitiques et aux ruptures de la chaîne d’approvisionnement.
Parmi les autres thèmes clés figuraient l’évaluation d’impact et la mesure des résultats, en particulier dans le contexte de l’intérêt croissant pour l’agriculture régénérative. La pression s’intensifie pour quantifier les résultats économiques, écologiques et sociaux, et pour aligner les chaînes d’approvisionnement sur les efforts de transition au niveau des exploitations agricoles. Le COG estime que l’évaluation d’impact doit avant tout être conçue pour soutenir la prise de décision et l’analyse comparative au niveau des exploitations agricoles, et donner la priorité à la propriété et à la gouvernance des données par les agriculteurs, tout en favorisant la connaissance et la transparence pour les consommateurs.
L’événement a également marqué la publication de The World of Organic Agriculture 2026 (présentant les données de 2024), le rapport annuel présentant les statistiques mondiales sur l’agriculture biologique. Les marchés mondiaux de l’agriculture biologique ont continué à croître, atteignant 145 milliards d’euros à l’échelle mondiale, tandis que les terres agricoles sont restées stables à 95 millions d’hectares. Des réglementations en matière d’agriculture biologique existent ou sont en cours d’élaboration dans plus de 80 pays à travers le monde.
Au-delà du congrès, le salon professionnel a été l’occasion de visiter le pavillon du Canada – où l’on trouvait bien sûr beaucoup de sirop d’érable – et de nouer des contacts avec des partenaires canadiens.


D’autres réflexions de l’IFOAM sur BIOFACH 2026 sont disponibles sur le blog de l’IFOAM.
Danke schön!

