Améliorer l’accès aux programmes de gestion des risques d’entreprise pour les exploitations agricoles biologiques et diversifiées
Les programmes de gestion des risques agricoles (GRA) (Agri-assurance, Agri-stabilité, Agri-investissement, Agri-relance et le Programme de paiements anticipés) représentent une part importante des dépenses d’Agriculture et Agroalimentaire Canada dans le cadre du Partenariat pour une agriculture canadienne durable. Ces programmes constituent des outils essentiels pour aider les agriculteurs à gérer les risques liés aux conditions météorologiques, aux marchés et à d’autres perturbations.
Cependant, les exploitations biologiques et diversifiées se heurtent souvent à des obstacles qui les empêchent de tirer pleinement parti des programmes de BRM. Partout au Canada, les agriculteurs font état de difficultés telles que :
- Les prix élevés des produits biologiques et les risques de production spécifiques non pris en compte dans la conception des programmes
- Les exploitations de petite taille, diversifiées et mixtes – caractéristiques courantes des exploitations biologiques – ne répondent pas aux hypothèses fondamentales sur lesquelles reposent les cadres de gestion des risques
- Des exigences administratives pouvant compliquer la participation
En conséquence, la couverture est souvent insuffisante ou inaccessible, ce qui place les exploitations biologiques et diversifiées dans une situation défavorable – alors même que ces exploitations contribuent de manière significative à la santé des sols, à la biodiversité et à la résilience climatique (facteurs clés de la gestion des risques à long terme).
Le rapport 2025 du groupe de travail sur l’agriculture biologique (OTF) du COG a identifié l’adaptation des programmes de gestion des risques comme une priorité. Cette priorité s’appuie sur des recherches antérieures du COG portant sur les risques liés à l’agriculture biologique et à la transition vers le bio, notamment en matière de rendements, de marchés émergents, de trésorerie et d’accès au capital. Bon nombre de ces risques ne sont toujours pas suffisamment pris en compte par les programmes actuels de gestion des risques agricoles. Alors que les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux (FPT) préparent le prochain cadre stratégique (NPF), l’année 2026 constitue un moment stratégique pour faire progresser des améliorations fondées sur des données probantes.
Ce projet permettra de réaliser une évaluation systématique des résultats des programmes de gestion des ressources biologiques (BRM) pour les producteurs biologiques, en transition et diversifiés au Canada. Il fournira aux décideurs politiques des informations essentielles sur l’accès, la participation et l’efficacité de ces programmes, et proposera des recommandations stratégiques destinées à éclairer les négociations du NPF et la conception des futurs programmes.
Objectifs et activités

- Analyse des politiques : examiner les cadres existants des programmes de gestion des risques liés à l’agriculture (BRM) et déterminer comment la production biologique est prise en compte dans les différentes juridictions.
- Collecte de données primaires auprès des agriculteurs : mener des entretiens et des enquêtes auprès d’un échantillon diversifié (par exemple, objectif de 40 entretiens et d’environ 100 participants à l’enquête représentant diverses régions, tailles d’exploitations et systèmes de production) de producteurs biologiques afin de recenser leurs expériences, leurs défis et leurs solutions spécifiques.
- Analyse des données secondaires : consulter et analyser les ensembles de données disponibles (par exemple, celles de Statistique Canada) sur la participation des exploitations agricoles biologiques et l’utilisation des programmes de gestion des risques agricoles (par exemple, données d’inscription, taux de versement, etc.).
- Recommandations politiques : Élaborer des options visant à améliorer la conception et la mise en œuvre des programmes, y compris des outils de gestion des risques alternatifs ou privés pour les producteurs biologiques et ceux en phase de transition.
- Mobilisation des connaissances : Rédiger un rapport comprenant des recommandations politiques à l’intention des gouvernements fédéraux, provinciaux et territoriaux (FPT) afin d’améliorer les programmes, et partager les conclusions avec les décideurs politiques FPT en respectant les délais de consultation du Plan national pour l’agriculture (PNF).
Approche de recherche

Le COG mènera ce projet en partenariat avec le Dr Susanna Klassen, chercheuse postdoctorale et chargée de cours au département de sociologie de l’université de Victoria. Le Dr Klassen utilise des méthodes de recherche mixtes, à la fois qualitatives et quantitatives, afin de promouvoir des approches participatives et axées sur les solutions ; elle apporte à la fois son expertise académique et son expérience de terrain en tant que petite agricultrice biologique.
Un conseil consultatif composé de chercheurs et de responsables du secteur biologique sera constitué afin d’apporter des conseils et des contributions stratégiques tout au long du projet. Nous travaillerons avec les associations biologiques provinciales et territoriales pour soutenir l’engagement régional et la sensibilisation des agriculteurs.
Cette recherche apportera un soutien direct aux discussions stratégiques du NPF en :
- clarifiant les performances des programmes actuels de gestion des risques (BRM) pour les exploitations biologiques et diversifiées ;
- identifiant les changements susceptibles d’améliorer l’accès, la couverture et la participation ;
- soutenant des approches de gestion des risques plus équitables et plus résilientes face au changement climatique.
Les données issues du rapport de l’OTF montrent que les exploitations agricoles biologiques adoptent fréquemment des pratiques qui réduisent les risques à long terme, ce qui peut renforcer la pérennité des programmes de gestion des risques agricoles (BRM) dans un contexte de changement climatique. Il est essentiel de veiller à ce que les cadres de référence en matière de BRM reconnaissent et soutiennent ces systèmes afin d’améliorer la résilience des exploitations agricoles et de faire progresser les objectifs du Canada en matière de durabilité agricole.
Cette initiative nationale réunira des producteurs, des prestataires de services de BRM et des acteurs du secteur agricole afin de garantir que les programmes de BRM soient équitables, accessibles et adaptés à la diversité de l’agriculture canadienne. Un meilleur accès à la gestion des risques agricoles aidera les producteurs biologiques et ceux en transition à atténuer les risques, à renforcer leur stabilité financière et à saisir les opportunités offertes par les marchés nationaux et internationaux.
Le projet se déroulera de janvier 2026 à avril 2027, et des conclusions intermédiaires ainsi que des notes d’orientation seront publiées tout au long de l’année afin de s’aligner sur les étapes clés de la consultation relative au Cadre national de politique agricole (CNPA).
Contact
Si ce projet vous intéresse, veuillez contacter Katie Fettes, directrice des politiques et de la recherche chez Canadian Organic Growers, à l’adresse katie.fettes@cog.ca.