Les 9 et 10 mars, des agriculteurs biologiques de partout au Canada se sont réunis à Ottawa avec l’association Cultivons Biologique Canada (COG) pour deux journées de rencontres avec des députés, des sénateurs et des représentants du gouvernement fédéral, afin de faire passer un message clair : le Canada a une occasion unique de développer sa production biologique nationale et de réduire sa dépendance vis-à-vis des importations, tout en favorisant l’augmentation des exportations.
Le marché biologique canadien représente aujourd’hui plus de 10,5 milliards de dollars par an, mais près de 80 % des produits biologiques vendus au Canada sont importés. Pour de nombreux agriculteurs, cela représente une opportunité évidente : avec des mesures de soutien politiques adéquates, les producteurs canadiens peuvent répondre à la demande croissante tant au pays qu’à l’étranger.

L’un des principaux enseignements tirés des « Hill Days » organisés par le COG est que de nombreux parlementaires commencent tout juste à entendre la voix des agriculteurs biologiques — et la réaction a été très positive, avec un intérêt manifeste tant pour les expériences des agriculteurs que pour l’ampleur des opportunités que le secteur biologique offre au Canada, y compris une certaine surprise quant à la part de la demande en produits biologiques qui est satisfaite par les importations. Cela souligne l’importance d’un engagement continu de la part des agriculteurs. Les « Hill Days » ont marqué une étape importante pour faire davantage entrer l’agriculture biologique dans le débat politique national, et nous sommes encouragés par la prise de conscience et l’intérêt croissants au niveau fédéral.

Tout au long des « Hill Days » organisés par le COG, les agriculteurs ont pu s’entretenir directement avec les représentants de leurs régions, leur faisant part de leur expérience sur le terrain face aux incertitudes économiques et climatiques, et leur présentant des pistes concrètes pour renforcer la résilience et la rentabilité des exploitations agricoles. Les agriculteurs ont évoqué à la fois les défis auxquels ils sont confrontés aujourd’hui et les opportunités qui s’offrent à eux, notamment la demande croissante, tant au niveau national qu’international, en produits biologiques.



« Ce fut une véritable source d’inspiration de rencontrer un groupe aussi diversifié d’agriculteurs biologiques passionnés à Ottawa à l’occasion des Journées de la Colline organisées par le COG. Il ne fait aucun doute pour moi que les agriculteurs canadiens sont prêts à répondre à la demande croissante en aliments biologiques », a déclaré Corine Singfield, de la ferme Winter Sun à Bella Coola, en Colombie-Britannique, et présidente du conseil d’administration du COG. « Avec un soutien politique adéquat, nous pouvons renforcer nos fermes et nos communautés rurales, et fournir aux Canadiens des aliments de haute qualité. Il existe de nombreuses lacunes en matière de capacités dans le secteur biologique, et le fait que le Plan d’action biologique identifie clairement ces lacunes et propose des moyens d’y remédier constitue un énorme pas en avant. »
Les discussions avec les parlementaires et les responsables d’Agriculture et Agroalimentaire Canada ont porté principalement sur les recommandations du rapport du groupe de travail sur l’agriculture biologique du COG, Valoriser et maximiser les bénéfices liés à l’agriculture biologique, ainsi que sur le Plan d’action biologique pour le Canada.



Les agriculteurs ont mis en avant cinq mesures prioritaires pour stimuler la croissance dans le secteur agricole :
- Un financement permanent pour les Normes biologiques canadiennes (NBC) : Les NBC constituent le fondement de l’industrie et soutiennent les accords d’équivalence commerciale en matière de produits biologiques conclus avec 35 pays. Contrairement à nos concurrents commerciaux, le Canada ne dispose pas d’un mécanisme de financement permanent pour le processus de révision quinquennal obligatoire nécessaire au maintien de ces normes.
- Une stratégie nationale coordonnée en matière de données sur l’agriculture biologique : Bien que des données importantes soient déjà recueillies, elles ne sont pas publiées de manière cohérente ni facilement accessibles. Améliorer l’accès aux données permettrait aux agriculteurs, aux transformateurs et aux investisseurs de prendre de meilleures décisions et renforcerait la compétitivité du secteur.
- S’attaquer aux barrières commerciales et aux goulots d’étranglement dans la transformation : Les agriculteurs ont souligné la nécessité d’augmenter la capacité de transformation certifiée biologique et d’améliorer les conditions du commerce interprovincial et international afin de renforcer les chaînes d’approvisionnement nationales et la souveraineté alimentaire canadienne, tout en saisissant les opportunités croissantes dans des régions stratégiques telles que l’Europe et la région indo-pacifique.
- Relancer la recherche en agriculture biologique et régénérative : Les participants se sont joints aux groupes agricoles de l’ensemble du secteur pour faire part de leurs préoccupations concernant les récentes coupes budgétaires dans la recherche agricole publique, notamment au sein du Programme de recherche sur l’agriculture biologique et à faibles intrants du Centre de recherche et de développement de Swift Current. Il est essentiel de réinvestir dans ces capacités de recherche publique pour renforcer la résilience climatique, la santé des sols et l’innovation dans l’ensemble du secteur agricole canadien.
- Investir dans l’agriculture biologique dans le prochain cadre stratégique : Une stratégie claire et coordonnée visant à réduire les risques liés à la transition, à renforcer la gestion proactive des risques, à soutenir la recherche et l’innovation, à développer les services de vulgarisation indépendants et à mettre en place des chaînes d’approvisionnement et des marchés nationaux représente une opportunité majeure pour permettre aux agriculteurs canadiens de répondre à la demande croissante au pays et à l’étranger.
Les agriculteurs ont également souligné la nécessité de mettre en place un mécanisme de financement équitable pour toutes les parties concernées (producteurs, transformateurs, marchés) afin de renforcer et de développer la production et les marchés biologiques.



Outre les nombreuses discussions fructueuses menées sur la Colline du Parlement, cet événement a également été l’occasion de tisser des liens. Le soir, les agriculteurs et le personnel du COG se sont réunis pour partager des repas, des anecdotes et des réflexions, renforçant ainsi leurs relations et forgeant un sentiment commun d’engagement envers le travail qui les attend. Dans un pays aussi vaste que le Canada, les occasions de se rencontrer en personne et d’échanger sur la riche diversité de nos systèmes alimentaires et agricoles revêtent une importance particulière.
Nous sommes profondément reconnaissants envers ces formidables agriculteurs biologiques d’avoir pris le temps de s’éloigner de leur exploitation pour participer à ces discussions importantes. Leur leadership et leur expérience de terrain sont essentiels pour façonner des politiques qui reflètent les réalités et le potentiel de l’agriculture biologique et régénérative au Canada.
Alors que la dynamique continue de s’amplifier, le COG et nos partenaires de l’Alliance biologique canadienne (notamment l’Association canadienne du commerce biologique et la Fédération biologique du Canada) se réjouissent de continuer à travailler avec le gouvernement et les parties prenantes pour faire avancer des solutions qui soutiennent les agriculteurs, renforcent l’approvisionnement national et positionnent le Canada comme un leader mondial de l’agriculture biologique.