

28 janvier 2026 — Cultivons Biologique Canada et la Fédération biologique du Canada s’alarment de la décision d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) d’éliminer des postes de chercheurs et d’employés, de fermer des centres de recherche et de mettre fin à des programmes de recherche clés en innovateurs en matière de sécurité alimentaire et de croissance de la production.
En plus de la fermeture de sites de recherche partout au pays, la fermeture prévue du Programme de recherche en agriculture biologique et régénératrice au Centre de recherche et de développement de Swift Current – l’un des seuls programmes publics consacrés aux systèmes biologiques et à faibles intrants dans les Prairies – constitue un recul majeur. Depuis 19 ans, ce programme a permis de mener des travaux de recherche essentiels et pratiques sur la santé des sols, la diversification des rotations culturales, le travail du sol et la gestion des mauvaises herbes, les cultures de couverture, l’interculture, la lutte contre les ravageurs et les maladies, les émissions de gaz à effet de serre, ainsi que sur l’évaluation de variétés issues de la sélection paysanne et de variétés patrimoniales, répondant à des défis agronomiques et environnementaux émergents. Ces travaux ont soutenu l’innovation dans les Prairies et bien au-delà du secteur biologique.
De nombreux chercheurs d’AAC qui dirigent des projets de recherche partout au pays sont réaffectés ou perdent leur emploi; l’avenir de leurs travaux est incertain. L’interruption ou l’abandon d’essais s’échelonnant sur plusieurs années risque de compromettre les investissements publics et des années d’efforts scientifiques, tout en limitant les retombées environnementales et économiques qui découlent de la recherche en agriculture biologique.
La fermeture de sites de recherche réduit le réseau canadien de recherche agricole appliquée et de diffusion adaptée aux réalités régionales – elle ralentit l’innovation, affaiblit la compétitivité et compromet la résilience des fermes à un moment où les pressions climatiques et du marché s’intensifient. La recherche sur la résilience des agroécosystèmes constitue une infrastructure essentielle; réduire aujourd’hui la capacité de première ligne coûtera beaucoup plus cher à long terme.
« La recherche publique est particulièrement cruciale pour le secteur biologique, qui ne dispose pas de mécanismes de financement, tels que les cotisations obligatoires perçues auprès de l’industrie, pour compenser la perte du soutien public », a déclaré Nicole Boudreau, directrice générale de la Fédération biologique du Canada. « Nous sommes également préoccupés par les répercussions de ces compressions sur la sélection végétale menée par les chercheurs d’AAC, laquelle permet au secteur biologique de développer des variétés adaptées aux régions, à faibles intrants et résilientes au climat. »
« L’efficacité ne vient pas du démantèlement des programmes mêmes conçus pour aider les agriculteurs à faire plus avec moins », a déclaré Karen Murchison, directrice générale des Cultivons Biologique Canada. « À un moment où la demande de produits biologiques est forte au Canada et à l’échelle mondiale, nous avons besoin de plus – et non de moins – de recherche publique pour assurer la réussite des agriculteurs en production et exportation de produits biologiques canadiens. »
Nous exhortons le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire à suspendre ces fermetures, à préserver et à protéger les recherches en cours – y compris les projets de la Grappe scientifique biologique 4 – et à réinvestir dans la recherche et la vulgarisation publiques.
Le Canada ne peut se permettre de perdre la recherche nécessaire au maintien d’un système alimentaire productif, résilient et sûr. Le sous-financement de la recherche agricole de première ligne nuit à la compétitivité, à la croissance et à la diversification – et contredit à un moment critique les objectifs déclarés du Canada en matière de sécurité et de souveraineté alimentaires.
Personne-ressource pour les médias :
Jenna Spencer
Directrice, marketing et communications
Cultivons Biologique Canada
jharris@tsa.ca